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 7 ans dans le passé [titre provisoire]

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Synélia
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MessageSujet: 7 ans dans le passé [titre provisoire]   7 ans dans le passé [titre provisoire] Icon_minitimeSam 30 Aoû - 19:44

Prologue :

Ce soir il serait difficile de voir, tant la nuit promettait d’être noire. Comme si la lune et les étoiles, par on ne sait quel prétexte, auraient décidé de soudainement disparaître.
La rue déserte fut soudainement déchirée par un bruit de moteur vrombissant. Une moto noire apparut, illuminant tout de ses fards, et se gara entre deux voitures.

La silhouette qui montait l’engin coupa le moteur, retira les clés de contact et descendit, se dirigeant vers l’entrée de l’immeuble, son casque toujours sur la tête, cachant ainsi son visage et ses cheveux qui étaient encore retenu par la protection.
De tout évidence cette personne n’avait pas envie qu’on la reconnaisse.
Elle fit sursauter une vieille dame dans l’ascenseur, monta jusqu’au huitième étage, et frappa délicatement à la porte. Il était près de 22h, elle était sûre de ne croiser qu’une seule personne.

- Oui ?

Mine éberluée. Le jeune homme qui venait d’ouvrir la porte lâcha la poignée de la porte, garda le silence un moment, détaillant celui – ou celle – qui l’avait dérangé. Tout son habillement respirait le motard. Le casque, les gants de cuir, un pull à col roulé noir, un pantalon de cuir souple et un manteau fait dans la même matière, à la coupe élégante.
Après quelques instants, il finit par lancer d’une voix hésitante :

- Euh… On se connaît ?

Comme si son interlocuteur n’attendait que ça, il hocha brièvement la tête, et saisit son casque.
Le jeune homme sentit son cœur rater un mouvement lorsqu’il aperçut le petit bracelet qui brillait au poignet de l’inconnu. Une chaîne d’argent fermé par deux menottes miniatures.
Lorsque le casque fut enfin enlevé, il du se tenir à l’encadrement de la porte.
Sous la cascade de cheveux noirs qui venaient d’être libérés, il reconnut un visage.

- Lynda ?


***

Passé la première frayeur, il avait finit par faire entrer celle qu’il avait nommé.
Lynda. Ce prénom évoquait une pléthore de souvenirs de son adolescence.
Pendant qu’il lui disait de prendre place autour de la table du salon, il la détailla. De toute évidence elle était venue en moto, vu le casque.
Et le manteau.
Un grand manteau de cuir à la matrix, marqué dans le dos d’un papillon rouge.
Ça ne pouvait que être elle.

Il s’absenta dans la cuisine de l’appartement quelques minutes, histoire d’aller lui chercher un verre de lait, comme elle le lui avait poliment demandé.
Ses goûts n’avaient en tout cas pas changé.
Lorsqu’il revint, elle était assise, tranquillement, son manteau posé sur ses genoux, son regard se baladant un peu partout dans la pièce.
Elle lui sourit légèrement en l’apercevant.

- Merci.

Un silence pesant suivit. Les deux avaient beaucoup de chose à se dire, mais ne savaient pas du tout par où commencer, manifestement.
Lynda tritura un petit moment une des coutures du manteau posé sur ses jambes, but un peu de lait, puis finit par lancer la plus banales des phrases qu’elle aurait pu trouver.

- Ça fait longtemps, hein ?

Petit sourire narquois de son interlocuteur.

- Oh, juste près de sept ans, pourquoi ?

La dénommé Lynda rentra légèrement la tête sous les épaules devant le reproche évident de son ami. Oui. Ça faisait presque sept ans qu’elle n’était plus là.
Près de sept années qu’elle avait disparu sans laisser aucune trace, sans rien dire, même à ses plus proches amis, ou ses parents. Elle s’était volatilisée comme ça, du jour au lendemain.
Elle avala une gorgée de son lait, soupira un peu, puis fixa le jeune homme.

- Valentin… je suis venu ici pour te parler de ces sept années… Est-ce que tu as le temps et le désir de m’écouter, là, maintenant, tout de suite ?

Après une courte hésitation, Valentin hocha la tête en signe d’acquiescement. Posant son verre sur la table, Lynda s’installa un peu plus confortablement dans le fauteuil ou elle était assise, puis tourna un regard grave vers son interlocuteur. Prenant une grande inspiration, elle commença le long récit qui l’avait amenée ici.
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MessageSujet: Re: 7 ans dans le passé [titre provisoire]   7 ans dans le passé [titre provisoire] Icon_minitimeSam 30 Aoû - 23:15

Chapitre 1 :


Tu sais… Je ne suis pas partie uniquement pour mon bon plaisir. Mais je pense que si je ne te dis que ça, tu ne me croiras pas, alors je vais détailler un peu ça.
Tu penses tout savoir de moi, mais en réalité, la raison pour laquelle je suis partie est vieille de plus de dix années, environ. Elle a commencé bien avant qu’on ne se rapproche.

Court silence.

Cette raison là, c’est ma mort.
Je vois bien à ton visage éberlué que tu ne me crois sûrement pas du tout. Et pourtant, je suis bien morte. Tu pourrais vérifier sur ma gorge, mon cœur a cessé de battre depuis bien longtemps. Comment je peux encore être ici pour te parler, alors ? C’est ça, la véritable question, mon cher Valentin.
Pour tout te dire, je me souviens très bien de cette soirée là. C’est un peu après le crépuscule, en hiver, que j’ai perdu la vie. Je devais rentrer chez moi, et je me suis perdue. Je cherchais désespérément un arrêt de bus dans le dédale des ruelles ou j’étais, quand je suis tombée sur ces types.
Des gars lourds, olfactivement bien visibles, puisqu’ils puaient l’alcool à cent mètres.
Evidemment, ils m’ont vue. Que voulais-tu qu’ils fassent, autre que de s’approcher de moi ? Au début, ils ont fait les types sympas, mais quand ils ont compris que je n’étais pas le genre de fille dont on peut gagner la confiance facilement, ils ont perdus patience, m’ont ruée de coup, et d’autres petites choses pas simples à expliquer – tu devineras lesquelles.

Un peu de lait avalé, histoire de s’hydrater la gorge.

Je ne sais absolument pas combien de temps ça à durer, mais crois moi, ça ne s’est pas passé en cinq minutes. Quand ils ont enfin finit leur petit manège, la nuit était bien plus avancée. Il devait être aux alentours de minuit, je crois.
Ils m’ont laissée là, étalée en plein milieu de la ruelle. J’ai mis un temps fou à pouvoir récupérer un peu d’énergie, afin d’aller m’appuyer contre le mur. En rampant.
Je ne savais pas trop ce qu’ils m’avaient fait, la douleur irradiait trop pour pouvoir en trouver des sources exactes. Mais en observant le lieu d’où j’étais partie, j’ai vite conclus que je perdais une quantité phénoménale de sang.

Je me suis endormie, un petit moment – mais je ne saurais te dire combien de temps.
J’ai été réveillée plus tard, par des rires. Un instant, j’ai eut peur que ce soit à nouveau eux, qu’ils soient revenu.
En fait, c’était un autre groupe, mais celui-ci semblait clean. Ils marchaient tous très droit, en tout cas. Vêtus de noir de la tête aux pieds, ils se fondaient avec perfection dans la nuit.
Je les ai entendu arriver, du bout de la ruelle. Ils se croyaient probablement seuls, jusqu’à ce qu’ils voient la flaque de mon sang au beau milieu de leur route. Le regard de l’un d’entre eux a remonté le filet de sang qui m’avait suivit, jusqu’à me voir.
Ma respiration se figea.

Peu à peu, tous se retournèrent vers moi. Totalement immobile, j’osais même plus respirer. Je vis l’un d’entre eux … je ne saurais trop te dire ce qu’il a fait, mais on aurait cru voir un animal retrousser ses crocs.

« Allons, Ehnan. Tu ne t’intéresse pas aux cadavres, que je sache ».

C’est celui qui m’avait vu en premier qui prononça ses mots. L’autre se calma sans avoir besoin d’un seul mot de plus.
De toute évidences, ils ont pensé que j’étais morte. Je ne sais pas pourquoi, mais j’en fus soulagée. Ils se retournèrent, presque tous d’un même mouvement, et enjambèrent la flaque de sang pour aller se poser un peu plus loin dans la ruelle, je les voyais d’ailleurs encore.
Ils me semblaient bien calme, pour des gens qui venaient de voir un cadavre.
J’étais frustrée, je dois te le dire. Puis j’ai finis par être intéressée par leurs conversations, que je pouvais entendre.

Ils étaient assis à peu près en cercles, tous sur un petit bidon, un container ou quelque chose dans ce goût là, et parlaient tranquillement. De toute évidence, ils venaient souvent se retrouver ici pour parler. Je captais quelques phrases, sur lesquelles je me posais bien vite plusieurs questions.

« C’est quand même étrange que l’un d’entre eux se soit fait descendre. Tu crois que c’était parce qu’ils ont ce sang si spécial ? »

Au début, je me demandais ce qu’ils voulaient dire par là. Je finis par comprendre qu’ils parlaient de moi. Mais… quel sang spécial, enfin ? Mon sang n’était ni vert, ni bleu ! Il était tout ce qu’il y a de plus normal pour de l’hémoglobine !
Je restai terrée contre mon mur, immobile, attendant la réponse de l’un d’entre eux qui pourraient sûrement m’éclairer.

« Eh bien… ça m’étonne, tout de même. Ils sont presque comme nous, on devrait pas pouvoir les descendre aussi facilement… qu’on soit… »

Celui qui parlait – l’un des plus grand de la troupe, d’ailleurs, très impressionnant – avait baissé sa voix d’un ton vers la fin de sa phrase, aussi je fus obligée de tendre bien l’oreille pour comprendre ce qu’il venait de dire.
Dès que mon cerveau eut analysé sa phrase en entier, je sentis mon sang se glacer jusque dans mes orteils.
Ce n’était pas possible, je ne pouvais pas entendre ça. Décidément, le fait d’être aussi blessé que je le fusse ne devait pas avoir de bonnes répercussions sur la santé mentale du concerné.
Je tentais de me calmer, écoutant à nouveau. Ils semblaient charrier un de leurs amis.

« …Quand même incroyable que tu aie réussi à te contenir, Ehnan. Habituellement tu lui aurais sauté dessus…
- Très drôle, Axat. Ce morceau de viande ne m’intéressais pas, sache le. Je n’aime que la viande fraîche, et cette fille morte ne l’était pas. »

Je sursautai de peur. Viande fraîche ? Je n’avais donc pas rêvé en entendant les paroles de l’autre, tout à l’heure ?
Sous le coup de la frayeur, je voulu prendre mes jambes à mon coup.
Grossière erreur. En esquissant un mouvement, je bousculais un tas de trucs en ferraille à côté de moi qui s’échouai sur le sol sans que je n’aie eut le temps de les en empêcher, dans un fracas abominable.
Tout le groupe se retourna, d’un coup vers moi. Celui qu’on avait nommé Axat un peu plus tôt se releva, visiblement tendu, et s’approcha.

Seigneur. Dans quel pétrin j’avais bien pu me fourrer.
Les yeux grands ouverts, je le regardais s’approcher, hésitant légèrement. Plus il avançait, plus mon rythme cardiaque s’accélérait. S’accroupissant près de moi, il me fixa, droit dans les prunelles. Je ne sais pas trop ce qui le convainquit, mes prunelles qui bougeaient, ou peut-être même un filet d’air presque imperceptible que j’aurais pu souffler sur lui sans le savoir. Mais le tout est qu’au bout d’un moment, il se retourna vers ses congénères.

« Les mecs ! Elle n’est pas morte ! »

Sans un mot de plus, il se tourna à nouveau vers moi, et me sourit légèrement.
Je frissonnais.
De près, on voyait plein de petits détails qu’on ne remarquait presque pas, autrement. Une peau blanche comme le plâtre, des crocs légèrement plus longs que la moyenne, des prunelles rouges très foncées, voir noires…

Nouveau silence, comme pour faire durer un quelconque suspence.

J’étais vraiment très mal tombée ce soir.
Si j’en croyais ce que j’avais entendu avant et ce que je voyais maintenant…
C’était un vampire.
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MessageSujet: Re: 7 ans dans le passé [titre provisoire]   7 ans dans le passé [titre provisoire] Icon_minitimeDim 31 Aoû - 1:48

Chapitre 2 :


Un petit craquement de nuque, quelques gorgées bues avant de reprendre le récit entamé.


Sitôt que j'eus compris ce que c’était, je me souviens de ma réaction. Je me suis reculée aussi vite que je pouvais, m’arrachant une première grimace de douleur, avant de percuter avec mon dos la dure réalité des choses – qui étaient, ici, une caisse de bois.
J’étais coincée, blessée et incapable de courir. Et surtout, j’étais seule.
Contre une bande de vampires, sûrement très bien entraînés. Qui ne rampaient pas.

Le dénommé Axat releva un sourcil, sûrement étonné que je puisse encore bouger, et s’approcha, me faisant reculer derechef.
Un soupir vint de derrière lui.

« Axat, je crois que tu fais peur à cette jeune fille… »

Il se retourna, fixa la personne qui avait parlé dans le tas de ses copains, et marmonna quelque chose comme d’essayer donc de le faire.
De toute évidence, la personne répondit à la provocation, car je vis un mouvement dans le groupe, puis quelqu’un avancer.
Une femme. Je ne l’avais pas vue en arrivant, pourtant elle était très visible, avec son abondante chevelure d’un blond vénitien. Elle s’accroupit devant moi, sans me toucher, se contentant juste de balader son regard sur mon corps endoloris.

« Eh bien, il y en as des dégâts…
- Je ne te le fais pas dire. Tu crois qu’on… ? »

La beauté qui était devant moi se retourna brusquement, maintenant complètement debout, toisant son comparse masculin de toute sa hauteur.
De toute évidence, aux paroles – et quelques jurons – qui suivirent, l’idée qu’il avait commencé à formuler n’était pas du tout une bonne idée.
Ils se tournèrent alors les deux en direction du groupe. Sur leurs visages, bien que je sois vraiment éloignée d’eux, je pu voir que cette « proposition mystère » était bien partagée.
Je tentai de me faire entendre, mais au lieu de paroles, ce fut des sons inaudibles qui en sortirent. Pourtant, alors que j’aurais pensé que personne ne m’eût remarqué, toute l’attention se reporta sur moi.

« Je crois que tu ne devrais pas parler, miss. Tu es déjà assez amochée comme ça. »

Une voix se fit entendre dans l’arrière du groupe. Le dénommé Ehnan, il me semblait. Il regardait Axat avec un air très grave, lui sortit deux ou trois mots dans un langage dont il me semblait être de l’allemand.
Celui-ci hocha doucement la tête et se rapprocha de moi. Malgré la beauté peu commune qui marquait son visage, je n’étais vraiment pas rassurée. Qu’allait-il me faire.
Il approcha sa main de moi, mais je reculai. Grognant, il attrapa mon menton, avec douceur néanmoins. Ses yeux reflétaient… de la chaleur ?

« Ne crains rien, petite. Je ne te veux pas de mal, ne t’inquiète pas. »

J’eus un instant l’impression que sa voix allait m’envoûter, qu’elle m’envoyait au paradis. Je ne sais pas comment il avait réussi ce petit coup, mais moi je n’arrivais plus à bouger, même pas un orteil.
Sans un mot de plus, il tourna délicatement ma tête sur la gauche, vers son épaule, et s’approcha de mon cou.
Où il planta ses dents.
Pas de mal. Mon œil.

***


Après ce petit passage, je ne sais pas très bien ce qu’il s’est passé. J’ai eut un moment d’inconscience. Quand je me suis réveillée, j’étais posée sur un matelas, avec quelques draps.
J’avais visiblement été déshabillée – pourvu que ce fusse la demoiselle qui s’en soit chargée -, mes plaies avaient été soignées, et…
… Et mon corps me brûlait atrocement.

Pas ce genre de petites brûlures, que tu te fais quand tu touches une plaque chauffée à plus de cent degrés, non. Une vraie brûlure, comme si un feu liquide parcourait tes veines de l’intérieure. Au début, j’ai hurlé. Hurlé comme une folle.
J’avais beau me tordre dans tous les sens, je ne pouvais absolument pas faire cesser cette douleur. Pendant mes sessions de cris, je crois que j’ai maudit à peu près tout ce que je pouvais sur cette maudite vieille terre.

Ces vampires, Dieu, le Ciel, l’Enfer, le Diable, cette bonne vieille Terre… Même les bananes. Enfin, ça, j’en suis bien moins sûre.

Petit sourire amusé.

Il y avait aussi des moments où, épuisée d’avoir tant crié, je me taisais, même si la douleur ne disparaissait pas. Mais je m’endormais, de cours moments, alors ça allais.
Parfois, quand je me réveillais, il y avait quelqu’un à mon chevet.
Parfois pas.
La plupart du temps, ces veilleurs ne disaient rien. Ils me regardaient, sûrement histoire de s’assurer que j’étais encore en vie – ou pas ? – puis repartaient, toujours aussi tranquilles.
Je dois t’avouer que sur le moment, cette tranquillité me fascinait.

Et puis un matin, ce devait être… je ne sais pas bien, deux, trois, peut-être quatre jours plus tard, je me suis réveillée.
Et je me sentais en pleine forme. Enfin, c’était un peu vite dit, ça. Disons simplement que je ne sentais plus de feu dans mes veines, et que ça faisait un bien fou. Je me suis légèrement relevée, histoire de m’appuyer contre le mur, et j’ai observé.

Inutile de te dire que j’ai été surprise, par deux aspects.
Le premier, celui sur lequel mon regard s’est porté en premier, c’était le lieu où j’étais.
Même si ce n’était pas un hôtel quatre étoile, pour un local situé sûrement dans des rues pas toujours très fréquentables, le lieu était très propre. Même le matelas était en parfait état, et les draps qui s’étaient entortillés durant mon… sommeil, semblaient aussi d’être de bonne qualité.
La décoration était un peu spéciale, style gothique ancien je crois, mais ça me plaisait bien, honnêtement. Présente, sans être lourde en fait.

La seconde chose qui me laissa sans voix, ce fut moi-même.
Au début, je ne regardait seulement que mes mains. Elles semblaient avoir allongé, étaient bien plus blanches, d’une teinte proche de la neige, et… on aurait dit qu’elles revenaient d’une manucure.
Moi qui m’étais toujours rongée les ongles, ça me fascinait.
J’avais plusieurs bandages, sur la main gauche, le poignet droit et l’épaule droite. En soulevant celui de la main gauche, je pensais d’abord à un canular. Mis à part quelques traces blanches, comme des traits, il n’y avait rien.
Pareil sur le bras, d’ailleurs. L’épaule me fut inaccessible, mais je pu en revanche retirer celui du ventre.

Je failli frôler l’accès cardiaque.
Sous le bandage qui avait du être vraiment gorgé de sang… il n’y avait plus rien. Juste une mince cicatrice qui barrait mon flanc, gros comme une lame de cran d’arrêt.
Ce fut comme ça sur un bon nombre de mes bandages. Il y avait du sang, mais en dessous, juste des petites cicatrices, voir rien du tout. C’était quoi, ce délire ?

Prenant une profonde inspiration, je décidais de me lever. M’accrochant un peu aux mur au début, le temps de récupérer un peu de force dans mes jambes, je m’approchai d’un petit cadre accroché au mur. Un miroir. Soit c’était pour faire un semblant d’agrandissement de la pièce par effet d’optique, ce qui m’aurait étonné, soit l’un d’entre eux était coquet.
J’observais sans un mot mon reflet dans le miroir. Et n’en cru pas mes yeux.

« Ça change, hein ? »

Je me retournai, sursautant. Celui qui m’avait vraisemblablement mordu se trouvait appuyé sur le cadre de la porte, me regardant un peu narquoisement. Je hochai lentement la tête, et me regardait une fois de plus dans le petit cadre.
Ma peau avait blanchi, mes cheveux étaient devenu légèrement plus noirs, comme des châtaignes vraiment très grillées.
Mes yeux, verts auparavant, étaient devenus d’un rouge orangé, et s’était un peu bridés. Toutes les imperfections que je listais parfois pour m’amuser avaient disparues.
Ce n’était pas possible.
Comme si le vampire derrière moi avait lu dans mes pensées, il ricana puis me lança :

« Eh si. Ça l’est. »

Possible ou pas, c’était réel, en tout cas.
J’étais devenue une des leurs.
J’étais devenue un vampire.
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MessageSujet: Re: 7 ans dans le passé [titre provisoire]   7 ans dans le passé [titre provisoire] Icon_minitimeMar 18 Nov - 1:23

Chapitre 3 :


Trop choquée pour réagir au début, je m’assis simplement sur une des chaises qui entouraient la table présente dans la pièce. L’homme qui était avec moi m’imita, un léger sourire sur les lèvres. Il a attendu que je digère la nouvelle, ce qui m’a pris un bout de temps, puis sans que je ne lui demande rien, il s’est mis à m’expliquer des tas de choses.

« Déjà, je m’appelle Axat. J’ai 23 ans, et je suis un vampire. Tu as du comprendre que tu en étais un toi aussi. Crois moi, on n’a pas fait ça pour notre bon plaisir, mais si on ne t’avait pas vu cette nuit, tu serais morte. Enfin… je veux dire, morte pour de bon. J’ai du te mordre. »

Un silence pesant, très pesant même, envahit la pièce. Je finis par lui demander calmement la date, l’heure, et où je me trouvais.
Je ne sais pas pourquoi, mais ça le fit sourire.

« Toujours l’esprit pratique, hein ? Nous sommes jeudi, donc trois jours après que tu te sois fait attaquée. Il est deux heures de l’après-midi, et tu te trouves actuellement dans un petit local ou nous aimons nous réunir. Si tu te demandes comment vont réagir tes parents, ne t’inquiète pas. Je les ais appelés, je leur ai fait croire que tu restais dormir chez une amie. »

A ce moment la, je me souviens que j’ai été blasée par cette attitude parfaite, qui au début me sidérait. Après tout la vie n’était pas faite pour être parfaite, il fallait quand même avoir de temps en temps des problèmes, sinon on finissait par mourir d’ennui…
Il m’a sourit devant cette grimace que je lui ai faite, et a sifflé un bon coup. Une deuxième personne est alors entrée dans la pièce. C’était la fille de l’autre soir.
Elle me sourit, visiblement contente.

« Enfin une seconde fille dans le groupe, si tu savais comme j’attendais ça ! A nous deux on pourra enfin leur montrer à ces mâles, ce que c’est qu’une demoiselle qui se fâche ! »

Je ne pus que sourire, franchement, à cette bonne humeur. De loin, avec son visage dur, elle ne ressemblait qu’à une beauté froide et impartiale, mais elle se révélait en fait d’une chaleur humaine – ou vampirique ? – hors du commun, ce qui me faisait plaisir.
Pourtant ça ne devait pas durer longtemps.

Parce qu’un petit peu après qu’elle soit arrivée, j’ai commencé à avoir les crocs.
Mais vraiment, je veux dire. Pas une petite faim comme tu pourrais en connaître. Non, j’avais si faim que mes dents me faisaient mal. Quand mes deux compagnons ont remarqué que je grimaçai pareillement, ils se sont levés, et tandis qu’Axat sortait de la pièce, ma nouvelle amie, de son vrai prénom Flora, me lança plusieurs vêtements totalement noirs.
Un pantalon assez moulant et un gros pull à col roulé, que je me dépêchais d’enfiler.
Elle m’envoya aussi un blouson de motards, et quand je pus enfin lui demander ce qui se passait, elle se contenta de me lancer un regard indéchiffrable, puis me faisant signe de la suivre, me lança :

« Te faire chasser. »

***


Comment t’expliquer ce que c’est, de chasser ? Ca serait dur. Disons… que c’est comme si tu dégustais un bon gros steak, bien juteux et tout, sauf qu’auparavant, tu as eut le plaisir de choisir ton morceau de viande, de le cuire et tout.
Nous, c’est ça, sauf que notre morceau de steak c’est juste du sang et que, surtout, on ne le cuit pas. On le chasse, mais on le déguste sur place.
Ne me demande pas de t’expliquer en détail le déroulement d’une chasse, je n’en serais pas capable. Lorsque je chasse, je ne suis plus vraiment moi-même, c’est une autre partie de mon être, plus animale, qui prend le dessus. C’est pour ça que c’est dangereux pour un humain de se retrouver à proximité de vampires qui chassent.

Bref.
Je suis restée avec cette équipe jusqu’au soir, a la fin de notre partie de chasse. Après, il a bien fallu que l’on reparte. Flora m’a prêté une paire de jeans et un chemisier noir avec des bottes pour que je puisse repartir vu l’état dans lequel mes vêtements étaient, et j’ai laissé ceux en noirs dans le local.
De toute façon, il était évident que j’allais revenir, Axat me le dit lui-même avant que je ne reparte. Il fallait que je reste aussi éloignée que possible des humains pour l’instant, en faisant semblant d’être malade s’il le fallait, pour éviter tout risque de tentation.

« Ne t’inquiète pas, m’assura-t-il en plus, je reviendrai te chercher dans peu de temps. »

***


Je t’avoue pourtant que quand je suis rentrée, mes parents ont failli avoir une crise cardiaque. C’est vrai que voir leur fille partir pendant trois jours sans prévenir chez une amie, et revenir ensuite vêtue d’une drôle de façon – ça devait être la première fois qu’ils me voyaient habillés de fringues plus faits pour des hommes que pour des femmes – et surtout, beaucoup plus belle, ça a du leur faire un sacré choc. Je suis même étonnée qu’ils n’aient pas fait d’arrêt cardiaque.

J’ai prétendu être malade, comme ils m’avaient dit de le faire. Même si j’avais « mangé » avant de revenir chez moi, et ce en quantité – Axat avait l’air de bien connaître la marche à suivre de toute évidence – leur odeur était très tentante. Je restait alitée pendant deux jours environ, ne sortant plus du tout de mon lit. Après tout, je n’avais plus si faim – je ressentais une légère envie de nourriture – et les toilettes n’étaient plus non plus dans mes préoccupations. Je revis celui qui m’avait mordu après ces deux jours.

J’ai failli avoir une attaque quand je l’ai vu.
Axat s’était payé une montée d’environ neuf étages pour venir frapper à ma vitre. Quand je lui ai demandé après l’avoir fait entré si la porte d’entrée était trop banale pour lui, il m’a répondu qu’en fait, ça n’étais pas très poli de sonner chez les gens à une heure du matin.
Je lui ai expliqué le problème que risquai de poser ma nouvelle apparence.

« Je vois. C’est un problème. Mais je crois qu’on pourrait avoir une solution. Viens, on verra ça une fois qu’on sera vers les autres, Eric connaît ça mieux que moi. »

Je l’ai donc suivit, à presque une heure du matin, a travers les rues de la ville. J’avais cru que cela prenait beaucoup de temps, mais en fait à vitesse vampirique, le trajet ne prenait qu’a peine une quinzaine de minutes. C’était bien pratique.
Une fois arrivée à ce qui était maintenant « notre » repaire, je fis alors la connaissance avec Eric, un des plus vieux vampires de la bande après Axatorian, dépassant de seulement une dizaine d’année Ehnan.
C’était quelqu’un de… spécial.

- Attends, euh, par définition un vampire est spécial, Lynda…

Un petit sourire amusé par l’interruption.

- Oui, mais lui il l’était encore plus. C’était le plus féru de musique de toute notre petite équipe, d’ailleurs il en écoutait quand on s’est rencontré. Je crois que je ne l’ai presque jamais vu sans écouteurs dans les oreilles. Et puis c’était des goûts musicaux très variés. Tu aurais du voir sa collection de CD ou même le nombre de musique qu’il avait mise sur son Ipod, c’était… effrayant.
Mais je crois que ce qui était vraiment spécial, c’était ses yeux. Ce serait long de te décrire leur couleurs, parce que pour un œil vampire, la perception est différent. Je me contenterais de te dire que pour des prunelles de vampire, elles avaient un éclat différent, plus pur.
Bref. Le jour, ou plutôt la nuit ou on s’est vu pour la première fois, je n’ai pas tout de suite compris la portée que cela aurait sur mon avenir. Je me suis contentée d’être fascinée par ses yeux et son apparence.

« Je vois, nous a-t-il enfin dit, lorsque mon accompagnateur lui a annoncé le problème. Axat, tu m’as bien dit que la demoiselle était un double sang ?
- Euh… de quoi est-ce que vous parlez au juste ? »

Il me sourit à ce moment la, comme on sourirait à une enfant.
Ma question avait du l’amuser grandement. Il m’expliqua néanmoins que j’avais un sang spécial. Parmi toutes les générations qui avaient précédés dans ma famille, il y avait du avoir des vampires. Ou plutôt, des demis vampires – des êtres issus de l’union d’une femme humaine et d’un homme vampire, d’après Eric. Le « gêne » vampirique s’était ensuite transmis de générations en générations, jusqu’à moi. A ce moment là, Axat était intervenu, et m’avait mordu, ajoutant aux capacités que j’avais « hérité » celles de vampire normales.

« Ce qui te donne actuellement ce que l’on appelle entre nous un double sang. A la base, les vampires de sang ne sont pas toujours appréciés par les vampires de morsure, c’est sûrement pour ça que Ehnan ne t’as pas sauté dessus quand on t’a… rencontrée dans la ruelle. Mais en revanche, les vampires au sang double ont des … facultés spéciales. »

Je t’avoue qu’à ce moment là, je ne suivais plus tout à fait ce qu’il entendait par facultés spéciales. J’ai mis un petit moment à totalement comprendre l’amplitude de ces dons que j’avais reçu – de mes ancêtres de toute évidence.
Mais je t’expliquerais plus tard. La faculté qui est le plus important pour l’instant, c’est celle qu’il avait expliquée en dernier. Le retour en arrière.

« C’est quelque chose que moi-même, j’ai beaucoup de mal à comprendre, donc ne comptes pas trop sur moi pour t’expliquer cela en détail. Mais si tu veux, tu peux en quelque sorte… ‘revenir en arrière’. Donc, faire se rétracter tes crocs, ou au contraire les laisser pousser. Pareil pour ta peau blanche et tout ce qui va avec. Mais souviens toi d’une chose : si tu es dans ton état « humain », tu n’auras pas tes facultés vampires. »
C’est ainsi que tout a vraiment commencé, je crois.
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MessageSujet: Re: 7 ans dans le passé [titre provisoire]   7 ans dans le passé [titre provisoire] Icon_minitimeJeu 4 Juin - 15:32

Chapitre 4 :

Ce n’est que quelques semaines – peut-être huit, voir neuf – que du nouveau est arrivé. J’avais commencé à connaître un peu mieux avec ceux de la bande, même s’il n’y avaient encore que peu de noms – pas plus de six, je crois – dont je pouvais user sans me tromper.
Et crois même si à la base, ils sont différents parce que ce sont des vampires, eux étaient encore plus spéciaux de part leurs caractères.
Enfin… tu verras ça au fil du récit.

Durant les quelques semaines que je passai, toutes les nuits, avec eux – après tout, en tant que vampire, je vivais désormais un « jour éternel », je ne ressentais plus l’envie de dormir. Je le faisais, de temps en temps, par pur envie, vu que mon corps d’humaine – Merci le retour en arrière ! – me le permettait, mais ce n’était pas nécessaire pour moi.
Je disais donc, pendant ces quelques semaines, j’eus le temps de m’apercevoir de comment fonctionnait la troupe.

Il n’y avait pas de systèmes de hiérarchie à proprement parler. C’était plutôt basé sur l’âge. Les plus vieux donnaient les ordres quand il y en avait besoin, sinon, chacun agissait selon son libre arbitre. Mais les plus « jeunes » écoutaient quand même beaucoup les anciens.
Dans notre groupe, c’était Eric et Axat qui tenaient ce rôle. D’après ce que j’avais pu comprendre, ils n’avaient qu’une dizaine d’années de différences, mais Eric était le plus vieux.

- Et… ça lui donnait quel âge ?

Petit sourire amusé par la curiosité.


- Je ne me suis jamais vraiment amusée à compter au détail près, mais il atteignait les sept ou huit siècles, il me semble. Mais bon.
Le vampire le plus vieux après eux, c’était Ehnan, suivit de près par Flora. Qui était d’ailleurs le seul vampire féminin du groupe, vite, était parfois très simple.
C’était une amoureuse des motos, et surtout une véritable fée, avec ses mains. Elle était capable de te démonter puis remonter une moto entière, à vitesse vampirique, et ce les yeux fermés.
D’ailleurs, cela nous amène à un nouveau chapitre de ce que je suis en train de te raconter. C’est dans ce chapitre que sont arrivées les clés de mon départ.

***

Ce jour là, quand je suis arrivée au local, il semblait y régner une sorte d’effervescence dans les esprits qui m’apparaissait très inhabituelle. Lorsque je demandais à Flora ce qui se passais, celle-ci me détailla longuement. J’avais pris soin, avant de partir de chez moi, de « reprendre » mon apparence vampire, sachant que cela me prenait toujours un temps fou.
Au bout d’un long moment, elle finit par siffler Axat, et lui marmonna quelques mots.

Suite à ça, le vampire me fixa d’un drôle d’air, haussa les épaules, et repartit, lui lançant au passage de faire comme bon lui semblait. Flora sourit bizarrement, et finit par me prier de la suivre.
J’eus droit à des vêtements noirs, mais ce qui me surpris, c’est que c’était des vêtements du genre masculin. Je cru d’abord que c’était une erreur, ou bien une blague.
Ces hypothèses s’évanouirent bien vite lorsque mon amie me tendit par la suite des bandages.

« - Fais en sorte d’aplatir ta poitrine avec, s’il te plait. »

Et sans rien ajouter de plus, elle me planta là. Je fus bien obligée d’obéir, que veux-tu. Je passais donc les bandages, puis les vêtements, et ressortir de la pièce ou Flora m’attendait.
Elle me reluqua quelques secondes, mais finit par grimacer en voyant mes cheveux.

« - Je crois que ça va poser problème, ça…
- Un problème pour quoi ? finis-je par lui demander, excédée de ces cachotteries. »

Elle me regarda, quelques secondes, puis roula des yeux en passant dans mon dos. Ses mains graciles attrapèrent la cascade de cheveux qui descendaient dans mon dos, et commencèrent a les tripoter, tandis qu’elle m’expliquait le problème.
Axat et Eric avaient détecté une bande de vampires qui n’étaient pas « comme nous ». Il se trouvait qu’ils escomptaient rester là un moment. Au début, je ne compris pas vraiment la problématique que cela posait. Flora du donc m’expliquer à nouveau.

« - Je ne sais pas très bien pourquoi – il faudrait demander à Axat ou Eric, je pense qu’ils seraient plus à même de te l’expliquer – mais notre groupe est assez spécial. Que quinze vampires puissent ainsi cohabiter ensemble, c’est assez rare. Or, si une nouvelle troupe débarque – et d’après Eric, elle n’est pas si petite, environ cinq membres je crois – cela risque de créer des problèmes. Sans compter que cinq vampires assoiffés de sang dans la ville, cela risque de faire du bruit. »

Elle finit en éclaircissant un dernier point : ils risquaient de ne pas apprécier que des vampires « végétariens » leur demande de ficher le camp ainsi. Cela risquait de tourner à la bagarre générale, comme Ehnan appelait ça, et si dans ce cas là ils essayaient ensuite de nous retrouver, j’étais celle qui courrait le plus grand danger, puisque la plus inexpérimentée question combats et ce genre de chose.

« - C’est pour ça que je te fais passer pour un garçon. Parce que s’ils cherchent un homme alors que tu es une femme, ils mettront bien plus de temps à te trouver. Tu ne crois pas ? »

Au final, je me retrouvais donc habillée comme un homme, cheveux tressés et cachés dans mon dos, sous le manteau de cuir que l’on m’avait refilé.
J’avais une grande écharpe autour du cou, qui me cachait la moitié basse de mon visage, et un chapeau style cow-boy sur la tête – Ehnan avait absolument voulu s’amuser…
On partit sitôt que je fus prête, à vitesse vampirique, vers un endroit qui m’était inconnu.

***

La première fois que je l’ai vue, je l’ai prise pour un garçon. Après tout, c’était normal, puisque ç’avait été fait exprès.
Elle avait l’apparence d’un garçon frêle, presque androgyne. En revanche, ses yeux étaient vraiment masculins. C’était ça, qui trompait.
Au début, je cru qu’elle était muette. Elle n’avait jamais prononcé un seul mot, mais elle entendait, ça c’était sûr.
C’est dommage. Je suis sûre qu’on aurait pu être de bonnes amies.
Si je n’avais pas pour mission de la tuer.

***

Le soir ou pour la première fois j’ai été « déguisée » en homme a aussi été ma première escapade en moto. Et c’est dans l’un de ces moments la que je peux t’affirmer que c’était des grandes malades.
Vu que toutes les motos étaient des deux places, il n’y en avait que sept ou huit pour les quinze que l’on était. D’après Axat, il y en avait encore quatre ou cinq rangées dans le garage.

Personnellement, je n’ai jamais vraiment été une grande spécialiste de motos comme Flora, mais même à mes yeux d’ignorante, ces motos étaient superbes. Elles étaient le plus souvent entretenues par Flora, même si les autres mettaient aussi la main à la pâte. Les duos des motos n’étaient pas fixe, mais j’eut le temps de remarquer une chose quand même.
Eric était le seul qui ne prenait jamais personne sur le second siège.

Ceux qui s’asseyaient là étaient ce qu’on appelait entre nous les « porteurs ». Ils chargeaient sur leurs dos leurs propre sac à dos – que l’on avait quasiment toujours avec nous lorsqu’on était en sortie autre que pour chasser – et celui du conducteur, afin de bien pouvoir s’accrocher.
Et crois moi, avec eux, il était nécessaire de très bien s’accrocher.

- Euh… c’est-à-dire ?
- Cette fois là, j’ai été avec Axat. Une fois son sac chargé sur mon dos, et mes fesses chargées sur sa motos, je l’entendis clairement me demander de m’accrocher.
Au début, j’ai cru à une balgue, et j’ai donc simplement posé mes mains sur sa taille.
Il y eut un petit silence – quoi qu’il me semble avoir entendu un rire étouffé, en partance du duo d’Ehnan et Théo – puis un soupir de la part du vampire assis devant moi.
Lentement, il tourna la tête vers moi, puis me lança :

« - Non… accroche toi vraiment, je veux dire. »

Deux secondes de flottements, et il tourna tout à coup l’une des deux poignées de la moto. Cette dernière poussa un rugissement digne des plus beaux lions de la savane. Il ne me fallut qu’une fraction de seconde pour m’accrocher à lui.
Malgré ça, je suis quand même sûre d’avoir laissé mon estomac sur place, lorsqu’il a démarré.

***

Le trajet fut rapide. Pas étonnant, vu la vitesse à laquelle ils roulaient. C’était un truc de dingue, même pour un vampire. D’ailleurs, on est passé à un moment sur l’autoroute… il me semble y avoir vu un radar, mais… à mon avis, celui-ci n’a même pas eut le temps de flasher quoi que ce soit qu’on était déjà très, très loin.

Lorsque les motos se sont enfin arrêtées, Axat eut un mal dingue à me faire lâcher prise de son manteau.
Ehnan en était littéralement explosé de rire, il devait se tenir à sa moto pour ne pas s’écrouler.
Après quelques minutes, le fou rire intempestif de mon aîné calmé, le silence revint.
Eric lança alors une brève injonction, et tout le groupe se remit en marche comme un seul homme – ou presque, vu que j’avais un peu de peine au début.

On a « couru » - oui, parce que je n e sais pas si à cette vitesse on pouvait encore parler de course – un bon moment, peut-être une demi-heure.
Enfin arrivé, j’observai les lieux. Je n’avais strictement aucune idée de où on se trouvait, et en posait donc la question à Flora.

« - Ils ne sont pas encore tout à fait arrivés en ville, ils cherchent pour l’instant à s’installer correctement. Pour l’instant, ils restent donc ici. »

Le silence fut demandé de façon abrupte par Axat. Je me tu, ma gorge se serrant.
Un long moment passa – du moins de mon point de vue. Il n’avait pas du s’écouler plus d’une minute ou deux sinon.
Enfin, les deux aînés du groupe s’avancèrent lentement vers l’entrée des entrepôts.

Si j’avais su ce qui m’attendait ce jour là, je me demande si je serais quand même entrée.
Certes, ça m’a permis de vivre bien des choses, et rencontrer des personnes merveilleuses… mais il y a eut un lourd poids dans l’autre plateau de la balance, pour équilibrer ça.
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