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 La Mort du Roi - by Thrawn

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Thrawn
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Thrawn

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MessageSujet: La Mort du Roi - by Thrawn   La Mort du Roi - by Thrawn Icon_minitimeSam 23 Aoû - 14:20

Ceci est la reprise du dernier passage de la Légende Arthurienne, c'est-à-dire des Légendes des Chevaliers de la Table Ronde.
Je l'ai écrit il y a une bonne année, et on y trouve une certaine quantité de passages Médieval-Fantasy.
Ceci dit, c'est un texte qui m'a, à l'époque, prit un certain temps, et dont je suis raisonnablement fier Wink

Aussi, j'espère qu'il vous plaira Very Happy

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LA MORT DU ROI



Sur les berges du Lac Sacré de Camelot, le silence régnait en cette matinée brumeuse, seulement rompu par les râles des innombrables hommes blessés et les soupirs des rescapés. On entendait aussi, en echo, les quelques ordres de rassemblement donnés par les officiers qui cherchaient à évaluer les pertes et à voir quelle armée s'en était tirée. Et au milieu de ces combattants en armure, de ces défenseurs de la Bretagne, un chevalier avançait, le regard fixé vers la grande tente blanche, là-bas, à l'orée de la forêt de Brocéliande.
Le Seigneur Léodagan, roi de Carmélide, ne pensait plus qu'à cette victoire et à ce qu'elle avait couté. Tant de vies, tant de braves sacrifiés aux Ténèbres... Mais c'était, hélas, le prix à payer pour sauver l'Empire Breton du tyran, de l'usurpateur.
Mordred, voila le nom du fléau qui s'était étendu sur le royaume. Alors qu'Arthur était parti chercher Guenièvre et pourfendre Lancelot en France, le régent s'était proclamé Roi héréditaire de Bretagne, s'alliant avec Lucius, empereur de Rome, pour imposer sa domination. Bien sûr, les seigneurs n'étaient pas restés indifférents au problème, mais leurs vues divergeaient. Si la plupart des Chevaliers de la Table Ronde s'étaient opposés à Mordred, Loth d'Orcadie et quelques autres avaient farouchement soutenu le tyran, attirés par le pouvoir comme des ours par le miel. Et lorsque Arthur était venu réclamer son trône, le royaume était divisé et la guerre avait déjà commencé, et la coalition menée par les seigneurs Perceval, Galahad et Léodagan lui-même ne comptait pas que des victoires, hélas. Les grandes pertes causées par la violence du conflit avaient été le comptoir commercial de Londres, sur la Tamise, et la chute de Tintagel, fief de Dame Igerne, la mère du Roi, qui avait par chance réussi à retirer ses troupes à temps pour éviter l'annihilation. Lorsque Mordred eut comprit qu'une guerre de frontière serait longue et couteuse, il décida de s'aventurer en force dans les territoires loyaux, jusqu'aux rives du Lac Sacré, aux pieds de Camelot, sans que personne ne puisse arreter son armée, dont les soldats semblaient invincibles, inépuisables dans leurs armures noires comme le charbon. C'était donc là que les deux armées s'étaient fait face, et la surprise avait frappée les rangs d'Arthur, jusqu'au Roi lui-même. Ce n'étaient pas des hommes qui suivaient Mordred.
De taille humaine quoique voutés, leurs épaules larges à la peau grise et sale soutenaient les lourdes plaques noires maintenues en un semblant d'armure par des mailles épaisses et crasseuses. Une épée batarde ou une hache dans chaque main, les Orcs étaient horribles, terrifiants, créatures oubliées depuis des siècles et réveillées par la folie d'un homme qui n'en était probablement plus un. Voila les choses qui avaient rasé Tintagel, qui avaient ravagé Londres et semé la terreur dans les campagnes. Ces bêtes, pales copies d'êtres humains, et qui servaient aujourd'hui le Seigneur Noir. Et la charge avait été donnée. Les boucliers avaient été fracassés, les épées et les haches brisées, les chevaux transpercés par les lances, les corps pourfendus. Camelot s'était battu à un contre deux.
Comment s'en étaient-ils sortis ? Léodagan se posait la question. Depuis le flanc sud de la bataille, il avait tenté en vain de maitriser les Orcs, voyant ses hommes les plus aguerris tomber les uns après les autres. Ces saletés d'Orcs semblaient faites pour se battre jusqu'à la mort. Puis, alors que tout lui avait semblé perdu, les cavaliers de Galles étaient accourus de l'Est, embrochant les abominations par la gauche alors que les phalanges de Carmélide avaient profité de l'occasion, retrouvant suffisement de vigueur pour se battre. Et quand le dernier orc fut envoyé en enfer, un éclair avait pourfendu le ciel, au nord, sans que nul ne sache ce qui s'était passé. Les hurlements de joie des guerriers furent cependant de courte durée. Du nord, aucun cri ne se fit entendre. Pas un hourra, pas un son de cor, pas d'étendard : rien que ce silence de mort, terrible. Les cavaliers étaient alors partis en éclaireurs tandis que les phalanges escaladaient la colline derrière eux. Et chacun put voir l'horreur. Juste à leurs pieds s'étendait un champs de corps inertes, Orcs et Hommes mélés dans un triste mélange. Déjà, des soldats s'affairaient à empiler les bêtes en tas et à aligner les corps sur la rive, en espérant que les pouvoirs du Lac les nétoieraient de l'impureté du sang orc. Les cavaliers étaient revenus lorsque les phalanges étaient arrivés au bord de l'eau pour pleurer leurs morts. Et voila comment le roi de Carmélide, nerveux et angoissé, s'en vint à marcher à grands pas vers la tente blanche de commandement, derrière ledit Lac.
Assis en cercle sur des souches d'arbre, autour d'un feu naissant, les Chevaliers de la Table Ronde l'attendaient et Léodagan remarqua leur nervosité : Perceval se rongeait les ongles en regardant fixement les flammes, Karadoc marchait de long en large devant la tente et Bohort, assit et les mains jointes, avait le regard le plus triste au monde. Mais ce qui choqua le plus le vétéran, ce fut cet homme qui, dans un coin, parlait avec Yvain, son fils, à voix basse.
Gauvain d'Orcadie, fils de Loth d'Orcadie, neuveu d'Arthur de par sa mère : un fils de traître abject ! Léodagan dégaina, mais Perceval sortit de sa rêverie pour l'arreter.
- Calmez-vous mon ami, calmez-vous ! Laissez-le vous expliquer !
- Expliquer quoi ? Une haute trahison ?
- Père, écoutez-le, clama Yvain. Sans lui, nous ne serions plus ici.
Décochant à l'Orcadien un regard noir, Léodagan lui fit quand même signe d'entamer son récit.
- Comme vous le savez fort bien, j'ai toujours été loyal à mon père et à mon oncle, et ce depuis l'an de ma naissance. Vous imaginerez sans peine mon dilème lorsque la guerre fut déclarée. Ne voulant choisir, je l'avoue, j'ai prit peur, reniant mes serments, et me suis caché dans la forêt de Brocéliande, seul endroit où je me pensais en sécurité.
Léodagan renifla. La couardise était probablement la chose qu'il méprisait le plus au monde.
- Cependant, reprit Gauvain, n'allez point vous imaginer que les bruits de la guerre ne se firent pas entendre, et le conflit, même lors des rares trèves, faisait rage dans mon esprit. Et alors que je reculais plus en profondeur dans la forêt pour ne gêner ni ralentir les quelques groupes armés qui passaient à l'orée, je suis arrivé dans cet ancien lieu où Merlin aimait méditer. Et j'y ai retrouvé la dernière personne à laquelle je me serais attendu.
- Merlin ? Depuis le temps qu'on le cherche ! s'exclama Galahad.
- Non, ce n'était point lui, hélas.
- Qui donc, demanda Calogrenan d'Ecosse.
- Mon vieux camarade, le chevalier au Lion.
Yvain lui adressa un sourire d'encouragement, alors que son père semblait de plus en plus exaspéré.
- Me connaissant depuis l'enfance, il a bien comprit ma peine et mon tourment, et m'a alors demandé une chose dont je n'avais pas mesurée l'importance jusqu'ici : que voulais-je, moi pour la Bretagne ? Coincé par mes serments, mes voeux de fidélité, l'origine du problème m'avait échappé. Après réflexion, je déclarais que je voulais un pays fort, militairement et économiquement, capable de se défendre et de s'épanouir sans aide, mais qui éviterait la guerre, que je considère comme un gachis de forces et un abaissement de l'Homme.
Là, Gauvain fit une pause. Et, au fond de l'esprit de Léodagan, une idée stupide naquit : on aurait cru entendre Arthur !
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MessageSujet: Re: La Mort du Roi - by Thrawn   La Mort du Roi - by Thrawn Icon_minitimeSam 23 Aoû - 14:20

- Comprenant alors que ma philosophie serait perdue si Mordred battait mon oncle, je m'en suis retourné en Orcadie, pour voir mon père, tenter de le raisonner. Il prit mes dires pour une trahison, une folie, et dans notre dispute, nous en arrivâmes à l'épée.
Un froid s'installa dans l'assistance à ces dires : Loth avait voulu tuer son fils, son unique héritier ? Ce n'était plus la soif de pouvoir mais la folie qui avait dû habiter cet homme là !
- J'ai pourfendu mon père en plein coeur. Je suis resté, il me semble, longtemps à prier auprès de sa dépouille, pour le salut de son âme et le pardon de mon péché. Puis la guerre, cette folie, m'est revenue en tête. J'ai libéré l'archevèque d'Orcadie, emprisonné pour avoir soutenu mon oncle, et lui ai demandé de me sacrer Roi. Le brave homme a rempli son office, et j'ai saisi les rennes du royaume de feu mon père. Mon accès au trône fut un soulagement pour les officiers, qui se succédèrent au château le lendemain même, attendant de savoir si, enfin, ils pourraient cesser les abominations qu'on leur ordonnait.
- Et pourquoi, demanda Léodagan qui n'en pouvait plus, n'avoir pas rejoint nos rangs sur-le-champs ?
- Pour une raison simple : j'attendais et profitais de ma position. Sans que vous le soupçonniez, mes hommes prévenaient les villes et villages, les veilles d'attaques, pour que la fuite soit possible. Nous leur demandions de fuir vers le seul endroit où les Orcs n'auraient pas remi les pieds de sitôt : Londres, qui restait à reconstruire. Puis ce jour s'est levé, et j'ai eu ordre de rester à l'arrière, dans l'improbable cas où vous batriez les Orcs. Mais l'armée du Seigneur Perceval, qui comptait prendre les bêtes par surprise, rencontra la mienne, et nos forces unifiées firent se retourner l'orgueil de Mordred contre lui.
C'était donc l'explication au soutient inattendu de la cavalerie Galloise ! Ca tenait debout. Gauvain était assez intelligent pour avoir joué un tour pareil. Mais la tombe de Loth ne serait pas fleurie, c'était certain ! Puis une chose tracassa de nouveau le roi de Carmélide.
- Mais messieurs, pourquoi diable ne pas avoir hurlé votre joie si la victoire nous fut acquise ?
La tristesse apparut à nouveau sur les visages. De tous, seul Calogrenan trouva la force d'annoncer, la voix brisée :
- Arthur...Il...Il a été gravement touché, Modred... Il l'a transpercé.
Léodagan blanchi, devenant aussi pale que les morts alignés sur la rive. Ce n'était pas possible ! Pas le Roi ! Non ! Mais le visage, l'accablement de ses frères d'arme ne laissait pas de place au doute.
- D-de quel manière ?
- Le conflit était avancé, soupira Karadoc, et Mordred tuait à tour de bras. Son armure noire semblait impossible à transpercer, et le Seigneur sait que les archers s'y sont pourtant acharnés ! Alors il s'est avancé vers Galahad et moi, qui nous battions sur la rive. Un simple coup du plat de son épée démesurée nous a envoyés à terre, et Arthur est arrivé, du sang d'Orc plein l'armure. Les coups...Je n'ai jamais vu d'hommes se battre aussi vite, on avait peine à voir les mouvements des lames. Nous nous sommes relevés, mais des Orcs nous ont barré le chemin. Quand j'ai pu le revoir, il décapitait Mordred.
Le chevalier jeta un regard plein d'horreur à ses camarades. Comment cela avait-il bien pu continuer pour qu'il reprenne soudain son récit ?!
- Ce n'était plus homme, il n'était plus vivant ! Son heaume était tombé, mais on pouvait voir, dépassant de son plastron, quelque chose, je ne sais quoi... On aurait dit...On aurait dit...
- Une ombre, acheva Galahad, le teint blème. Une ombre animée de volonté.
- Que s'est-il donc passé après ?
- Arthur s'est battu, bien sûr ! lui répliqua celui qui avait trouvé le Graal. Que croyez-vous ? Il a fait des choses dont je le croyais incapable, même. Excalibur semblait entourée d'un halo d'argent ou de lumière, je ne saurais le dire. Et après des coups rapides et violents qui auraient vaincu cents hommes, le Roi a enfoncé son épée dans Mordred, par le haut. Il y a eu un grand éclair de lumière, puis le noir. Nous nous sommes réveillés ici, devant la tente. C'est Gauvain et Perceval qui nous ont ramenés, avec le Roi.
- On vous a cru morts, avoua Perceval. Surtout lui. Avec la lame...
Il laissa sa phrase inachevée, comme s'il ne voulait pas admettre ce qu'il avait vu.
- La lame ? Quoi la lame ? s'exclama Léodagan, prenant son homologue Gallois par les épaules.
- L'épée de Mordred, bredouilla-t-il. Enfoncée jusqu'à la garde... à travers lui. Oh mon Dieu ! Elle...Elle est passée si près du coeur !
Et le chevalier s'effondra sur une souche, la tête dans les mains, pleurant un homme qu'il considérait comme frère, comme Roi, comme ami. Chacun comprenait désormais la situation : sans Arthur, c'en était fini de l'Empire de Bretagne. Le silence s'installa, horrible, insoutenable, et Perceval se resaisit.
Puis un jeune homme sorti de la tente, vétu d'une robe beige et d'une veste marron, le visage pâle, des cernes profondes sous les yeux. Elias, l'apprenti de Merlin, soupira en faisant "non" de la tête.
- Sa vie se compte en heures désormais. Je n'ai rien pu faire...mes pouvoirs sont insuffisants.
Le pire était arrivé. Mordred emmenait Arthur dans sa chute, condamnant ces royaumes sur lesquels il n'avait pu régner. Léodagan prévoyait déjà les conflits pour un malheureux morceau de terrain, les guerres privées interminables, le chaos sur la pauvre île de Bretagne.
- Il veut vous parler, reprit Elias. A tous.
Et il les fit entrer, avant de sortir, probablement pour sanctifier les morts et s'occuper des blessés.
Arthur était là, assit sur un fauteuil de bois en piteux état et dont des poignées dépassaient. Des pansements ensanglantés entouraient son torse, recouvert de chemises, mais cela ne semblait pas le préoccuper. Il semblait si calme, comme si rien n'avait d'importance. Mais quiconque l'aurait cru atteint de déséquilibre se serait trompé : dans ses yeux brulait toujours cet éclat qui redonnerait vigueur au plus affaibli des hommes, et qui incitait au respect. Les chevaliers s'avancèrent et se mirent à genoux devant leur souverain, avant qu'il ne leur demande de se relever.
- Je vais bientôt partir, mes amis, et la Bretagne s'effritera, de l'Ecosse à l'Aquitaine. Cela, je ne le veux point. Aucun héritier ne peut prendre ma place, aucun homme ne peut porter Excalibur. Mais je ne puis vous laisser là, vous abandonner à l'anarchie. L'empire va se scinder pour préserver son équilibre, pour éviter de devenir une multitude de provinces barbares.
Sa voix était mesurée, tranquille, mais on pouvait voir sans difficulté combien parler lui coûtait, combien cela réduisait ses forces, l'achevait peut-être.
- A Calogrenan, je confie toutes les provinces au nord du mur d'Hadrien. Je vous souhaite de maintenir l'Ecosse unie, mon ami.
Le chevalier hocha la tête, incapable de dire un mot, trop honoré et trop triste de recevoir un tel héritage.
- A Perceval, je confie l'entier Pays de Galles, du fleuve Severn à la cote. Vous le méritez, camarade.
Le Gallois blanchi, puis acquiessa. La tristesse menaçait le solennel de l'instant, mais chacun se contenait, malgrès la peine grandissante. La voix d'Arthur s'était de nouveau affaiblie.
- A Galahad, je laisse la Britanie. Puisses-tu, mon cher ami, y trouver la tranquilité que tu mérites tant. Quand à l'Aquitaine, elle revient à Bohort, dont les conseils m'ont tant servis. Pour en finir, je dois décider du destin de l'Angleterre.
Il posa son regard vers chacun de ses lieutenants. Tous en seraient dignes, certainement. Mais sur la durée, certains seraient plus capables que d'autres, c'était sûr. Et le sang avait son importance.
- L'Angleterre reviendra à Gauvain. Puissent les conseils de tes pairs t'aider à régner. Je ne t'imposerais, mon neveu, qu'une condition à ce règne : Léodagan sera ton ministre, ton conseiller, comme il fut le mien. Ecoute ses avis, mesure son jugement. Il est aussi grand guerrier que roi.
L'Orcadien hocha la tête, imité par Léodagan. Malgrès leurs différences, ils devraient travailler ensemble, pour le bien de tous. Pour la mémoire d'Arthur, qui ne serait plus là.
- Chevaliers, je vous demanderais une dernière chose, si vous y consentez. Mettez-moi une veste, et portez cette chaise dehors, au bord du lac. Je dois faire mes adieux à une vieille amie...
Surpris, les braves s'exécutèrent néanmoins, et posèrent le fauteuil usé au bord de l'eau, sous le regard surprit des soldats blessés. Un moment passa, où Arthur ne fit que regarder l'eau, rêveur. La magie du Lac opérait peur-être, car il semblait recouvrer quelques forces. Mais le Passeur n'allait pas tarder, c'était certain. Une vaguelette prit naissance, au centre du lac, doucement poussée par le vent. Puis elle se dressa plus haut, puis plus haut encore, devenant aussi grande qu'un homme. Les chevaliers voulurent prendre leur Roi, l'écarter, mais ils n'en eurent pas le temps. La vague s'arreta, sur la rive, pour prendre une forme différente. La forme d'une femme d'eau, sans visage, juste une silhouette. Etrangement, elle semblait baisser la tête devant Arthur. Du respect ? De la honte peut-être ? Le roi la regarda d'un air triste, avant de lui dire :
- Il reviendra, Viviane. Il vous pardonnera, j'en suis certain.
La Dame du Lac releva un peu la tête, et sa forme se précisa, plus nette. Apparut alors une femme à la peau blanche et aux profonds yeux bleus encadrés d'une chevelure rousse soyeuse, une femme belle qui dégageait une aura mysterieuse, attirante. Mais la culpabilité se lisait sur son visage d'ange.
- Sans moi, il vous aurait sauvé, soupira-telle.
- Sans vous, il n'y aurait pas eu de Roi, et l'Enchanteur n'aurait jamais quitté Brocéliande. La vie a décidé pour nous, Viviane. Aucun n'est parfait. Personne ne vous en voudra, croyez-le. Surtout pas lui.
La fée le regarda et eut un sourire triste, ce genre de sourires que l'on affiche lorsque l'on comprend, mais que l'on doute, lorsque seul reste l'espoir.
- Pouvez-vous me la garder ? demanda Arthur. Cela ne devrait plus tarder, désormais.
- Êtes-vous sûr ? Vous pourriez la conserverer avec vous...
- Elle sera mieux entre vos mains, plus en sécurité.
Alors la Dame accepta d'un hochement de tête et se pencha vers le Roi qu'elle enlaça comme on enlace un frère, un fils, et quand son étreinte fut achevée, elle tenait dans ses mains une gaine de laquelle dépassait un pomeau d'argent. Excalibur s'en retournait dans les profondeurs du Lac qui l'avait vu naitre. La boucle était bouclée. Et après avoir adressé un dernier regard à l'Elu, Viviane s'en retourna à l'état de vague, replongeant dans le lac l'épée sacrée pour la préserver, préserver l'espoir qu'un jour, un autre serait digne de la prendre et de la manier comme l'aura fait Arthur de Bretagne, le Sanglier de Cornouailles.
Cela semblait fini, Arthur pouvait s'en aller maintenant rejoindre Pendragon son père et ses ancètres. Il fut reconduit dans la tente, alors que l'on décidait de rester ici pour la nuit, pour laisser le temps à Elias de soigner plus d'hommes, qu'ils puissent faire le voyage jusqu'à Camelot. Mais le soir, alors que la lune était déjà haut dans le ciel, trois jeunes femmes se présentèrent. Elles disaient vouloir parler au Roi, avant que son heure n'arrive. Le souverain daigna les acceuillir, alors que sa vie allait s'achever. Les femmes restèrent longtemps dans la tente, tant et si bien que Galahad et Perceval allèrent les chercher pour qu'elles laissent le Roi. Ils virent alors une chose incroyable, inavouable. Le Roi était debout, devant son siège, entouré d'une aura bleutée, alors que les femmes murmuraient des paroles dans cette même langue inconnue que parlait parfois Merlin lorsqu'il réfléchissait à voix haute ou qu'il préparait un sort. Les femmes finirent leurs incantations, et le souverain dit à ses fidèles amis :
- Je vous quitte aujourd'hui, pour le royaume de la fée Morgane. Depuis Avalon je guetterais, attendant le retour de l'Ombre. Et quand elle reviendra, même si vous n'êtes plus, je me battrais aux côtés de vos fils, pour sauver ce monde, ces vies. Vous ne pouvez venir, j'en suis désolé, vraiment. Mais votre rôle, aussi noble et pur soit-il, est de vivre et de maintenir l'unité de la Bretagne, contrairement à moi, qui ne sera ni mort, ni vivant avant longtemps. Je vous dis adieu mes frères, puissiez-vous vivre en paix.
Et ainsi s'en alla le Roi. Tout ce que l'on sut après cela fut qu'il ne pourrait quitter Avalon car seule la magie de ce lieu le maintenait en vie. Et dans le coeur de chacun, un espoir était né : tant qu'Arthur guetterait, le Mal ne saurait gagner cette terre...
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