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 L'odeur des draps [Liste]

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Synélia
Squatteur Bavard
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Synélia

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MessageSujet: L'odeur des draps [Liste]   L'odeur des draps [Liste] Icon_minitimeDim 7 Sep - 3:03

L'odeur des draps


[A mon Eric préféré]

Je savais très bien qu’elle était orgueilleuse.
Je l’ai vu, dès le tout début. Dans ses yeux, quand on s’est rencontré, à ce fichu dîner, qui l’enchantait de toute évidence autant que moi.
Mais je m’emporte. Il vaut mieux commencer par le début.

Je m’appelle Christopher Denis Morraut. Mais appelez moi Chris, c’est un peu plus simple. Mon père et ma mère on divorcé quand j’étais tout petit, je ne devais pas avoir plus de neuf ans. Selon le psychologue de l’école de l’époque, je l’ai vécu très mal, ai eut un syndrome bizarre, et c’est pour ça que je ne parle plus à personne.
En fait c’est surtout parce que je n’ai aucune envie de parler. De toute façon, ça ne me sert pas à grand-chose, vu ce que les gens racontent de nos jours.
Depuis deux ans, il y a néanmoins une… présence féminine chez nous. En effet mon père a eut la magnifique idée de se remarier.

Il m’a annoncé ça autour d’une table d’un restaurant très chic, juste avants qu’elles n’arrivent.
La future femme de mon père, et sa fille. Céline.
Christine, sa mère, donc, avait tout d’une femme parfaitement parfaite. Quelque chose qui vous donnait mal à la tête, rien qu’en la voyant. Toujours des couleurs claires, une voix très, très haut perché, et une manie à vouloir mettre tout en ordre autour d’elle qui agaçait très vite. C’était simple, dès la première soirée, autour de cette table, elle avait du lisser le plat de la nappe au moins deux bonnes centaines de fois.

Sa fille était très différente, bien plus sombre. Elle possédait une crinière brune foncée cascadant jusqu’en bas de ses reins, retenus en tresse ce soir là, ainsi que deux pupilles couleur forêt habitée d’un air sauvage et fier. Très fier.
Comme d’habitude, je n’avais pas prononcé un mot, de toute la soirée. Même pour elles. Ça n’avait pas paru déranger Céline, mais Christine, par contre, sembla d’abord déstabilisée.
Si mon père lui avait parlé de moi, sois il avait omis ce détail, sois elle avait cru qu’il plaisantait. Puis elle feignit de ne pas faire attention, même si c’était évident que ce petit défaut la dérangeait grandement.

Quelques mois après, sept environ je crois, elles ont emménagé chez nous. Je n’ai pas bougé de ma chambre, Céline a investit celle qui nous servait habituellement de chambre d’amis, en face de la mienne, et Christine, bien évidemment, s’est installée avec mon père.
Je dois quand même avouer qu’au début, c’était très, très déroutant. Je ne parlais toujours pas, mais Christine avait l’habitude de chambouler tout notre quotidien.
Avant leur arrivée, on se levait habituellement tous les deux à heure séparée – logiques, il partait à sept heures, et moi une demi-heure plus tard. Donc évidemment on ne mangeait pas ensemble.
Non, maintenant c’était différent. Tout le monde était toujours levé à six heures et demie, par un charmant cri de notre Christine nationale, et on mangeait un quart d’heure plus tard.
Je dois d’ailleurs avouer que la tête de Céline le matin, devant ses gaufres, est impayable.
Elle a vraiment tout changé.
Céline aussi, a changé bien des choses. La chambre d’ami ou elle est maintenant est très différente d’avant. Elle avait demandé à mon père, un jour, si elle pouvait repeindre les murs. Celui-ci, surpris avait dit oui. Je crois que lui, tout comme moi, ne s’attendait pas à voir un tel changement. Elle avait repeins les murs, bien à sa façon. Elle n’était pas une artiste extraordinaire, mais ça changeait.
Les murs et le plafond étaient bleu foncés et noirs, repeins à la manière d’un ciel au plafond. Sur les côtés, elle avait fait un effet d’optique avec le noir, en utilisant le bleu, l’orange ou le fauve, pour repeindre, ça et là, un tigre, un léopard ou même un guépard.
Une chambre vraiment à son image.

Mais sous son air sauvage, je savais une chose. Elle était fragile. Très fragile.
Et ne voulais pas que ça se voie.
Elle avait de l’orgueil. Pas trop, non plus. Juste assez pour qu’elle ne veuille pas qu’on sache qu’elle était comme ça, pour qu’on n’essaye pas de l’aider. Elle voulait toujours s’en sortir seule, sans personne.
Même si ce n’était sûrement pas possible.

D’après le peu que je savais, elle n’avait pas eut non plus une vie facile. Son père a elle était mort, et non divorcé comme son cas a lui. Contrairement à moi, elle parlait, mais était bien plus sauvage. Elle avait évolué différemment en fait.
Ce que je ne savais pas, c’était que son père n’était pas la seule mort qu’elle avait eut à endurer. Ça, je ne l’ai su que quelques semaines plus tard.
Lorsque ma mère a fait la lessive de draps.


***

Je me souviens encore de cette nuit là. Je ne dormais pas encore, je n’étais pas très fatigué, à vrai dire, je ne faisais que me retourner dans mon lit. Je n’étais pas insomniaque, mais c’est vrai que des fois je peinais à dormir, quand le souvenir de maman me hantait.
J’étais justement perdu dans des souvenirs que j’avais partagé avec elle, lorsque j’ai entendu des coups frappés à ma porte.
Après un petit silence, celle-ci s’est ouverte, relativement lentement.
C’était Céline. Elle avait un air… dévasté, sur le visage.

En me relevant, je me suis appuyé contre le mur près de la tête de mon lit et lui ai fait signe de venir, curieux de savoir ce qui l’amenait. Ça devait se voir sur mon visage, parce qu’elle me l’a expliqué sans que je n’ai à lui demander quoi que ce soit.

- Je… n’arrive pas à dormir. Désolé de te déranger, mais… je ne peux pas rester toute seule.

Sa voix était toute faible. On aurait dit… que l’esprit de tigre sauvage qui l’habitait avait été échangé en quelques heures avec un chaton affolé.
Elle était blanche comme un linge, comme si elle venait de voir un fantôme. M’approchant, je posais une main sur son épaule. Histoire de.

- Les draps… la lessive qu’il y a ici… Les draps, ils avaient la même odeur qu’Eric…

Bon. Ok. La je comprenais plus rien.
C était qui, Eric, d’abord ? Son copain ? Son ex ?
Non, pas son ex quand même. Je ne sais pas pourquoi, j’avais du mal à l’imaginer sortant avec quelqu’un, ou même se faisant larguer. Elle n’avait pas une tête à se faire larguer.
Je finis donc par lui murmurer doucement :

- C’est qui, Eric ?

Gros silence, tandis que Céline sursautait. Mais sursautait vraiment, je veux dire, j’ai cru qu’elle nous faisait un trou dans le plafond de sa chambre.
Elle me tira des mirettes grosses comme des soucoupes.

- Tu sais parler ? Tu n’es pas muet ?

Je haussai les épaules, un petit sourire sur le visage.

- Disons que je n’avais simplement pas envie de parler. Mais … C’est qui, Eric ?
- C’était mon meilleur ami.

Oh.
Utilisation de l’imparfait. Donc, deux possibilités.
Sois ils ne l’étaient simplement plus, sois il n’était plus.
C’est marrant comme un simple pluriel pourrait tout changer.
La réponse à ma question mentale vint très vite.

- Il est mort, il y a deux ans. On dormait souvent ensemble, entre amis bien sûr, quand mon père était encore en vie et ma mère moins… soucieuse du moindre détail. J’ai grandis avec lui. Problème cardiaque dans sa famille il me semble, je n’ai jamais très bien voulu savoir.

J’hochais la tête. Ca devait faire mal. Moi qui n’avais jamais vraiment connu de morts douloureuses, je ne savais pas trop ce que je pouvais faire. Mais comme sa mère n’avait lavé que ses draps à elle…
Après tout, elle était venue ici pour du réconfort. Non ?
Au bout d’un moment, je me décidais à me pousser un peu et tapoter la place à côté de moi. Mon lit était un lit à une place, mais ce n’était pas si grave.
Elle me fixa à nouveau avec des gros yeux, puis finit par sourire et se placer à côté de moi, bien au chaud.

- Merci, Chris.
- Mais de rien, Céline. Dors bien.


***

Le lendemain, quand je me réveillai, tard comme d’habitude pour un dimanche matin, elle n’était plus là.
Elle avait du retourner dans sa chambre, elle ne voulait certainement pas qu’on sache ce petit détail. Excellent choix, de choisir comme confident un « muet ».
Depuis, de temps à autre, elle dors avec moi, quand elle sent l’odeur des draps trop présente.
Et je dois avouer que ça ne me dérange absolument pas.
Espérons juste que ça ne se sache pas. Après tout, c’est agréable d’avoir une présence féminine dans son lit, ça change.


Thème associé :17. Orgueil
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